lundi 4 avril 2011

Elèves menottés en classe - la police a-t-elle tous les droits -

Dans et autour des collèges du 19e arrondissement de Paris, il se passe parfois des choses pas très catholiques. On entend parler de règlements de comptes entre bandes, de racket, d’insultes en tout genre. Ce que les parents d’élèves reconnaissent et dénoncent eux-mêmes. Ces parents-là sont souvent les premiers à réclamer plus de patrouilles de police aux heures de sorties, propices aux bagarres. Afin que celle-ci protège les têtes br?lées de leurs propres agissements et ceux qui les subissent.
Cécile, mère d’une collégienne, explique les heurts entre élèves par le fait que beaucoup trop d’enfants sortent de l’école élémentaire en sachant à peine lire. ? Il y a des classes entières où la moyenne générale est de 6 sur 20, et puis il y a aussi les problèmes de drogue. ? En effet, quand le pourcentage des élèves en difficulté devient majoritaire dans un seul établissement, on devine aisément les comportements et raisonnements que cela provoque chez quelques-uns d’entre eux : de l’agressivité, des relations tendues, des ados en permanence sur le qui-vive, du chahut en classe, des actes délinquants, etc. Des comportements violents qui sont autant de voies de fait, d’où l’intervention fréquente de la police.
Les interpellations policières se font de plus en plus à l’intérieur des collèges, voire, même, en classe. Des élèves ont raconté à leurs parents ce dont ils ont été témoins ces derniers jours. Selon leurs dires : suite à un vol de sac à main en réunion qui aurait été commis par des collégiens à l’intérieur de leur établissement, la police y serait intervenue. Après identification sur photos des individus par la victime, certains auraient été convoqués dans le bureau de la directrice, alors que d’autres auraient été menottés en classe devant leurs camarades mais surtout sans représentant légal (parents ou avocat). Les versions sur cet incident varient, mais le fond du problème est lui bien réel.
La majorité des collégiens interrogés trouvent ces interventions policières ? normales ?, puisque ? ?a arrive souvent ?. Ont-ils eu des explications à ce sujet de la part de la direction du collège ? Visiblement pas, car cela n’aurait pas donné lieu à plusieurs versions. A moins que, plus grave, il n’y ait eu d’autres affaires du même type. Les parents, eux, sont choqués et désapprouvent totalement ces passages de menottes en public. Ils dénoncent ici le manque d’éducation civique qui expliquerait que les élèves ne connaissent pas leurs droits et ne trouvent apparemment rien à redire à ces interventions policières.
? Le proviseur ne peut pas disposer de la vie de nos enfants, il n’y a aucun écrit sur ces méthodes internes. Il faudrait d’abord informer les parents en leur faisant signer un papier comme quoi si leur enfant commet un délit, il pourra être interpellé par la police sur place et devant les autres ?, propose un parent d’élève.
La protection de l’enfance est en principe une règle sacrée au sein des établissements scolaires. Il n’y aurait donc pas de raison de s’en faire. Mais dans la réalité, c’est une autre histoire. Karine, mère d’un collégien, se rassure un peu en rappelant que tous les interrogatoires de mineurs par la police sont filmés pour éviter les dérives, mais Christian, un autre parent, reste sceptique : ? Filmer au commissariat, oui, mais sur le chemin… ? Et c’est cet intervalle-là, entre l’interpellation et l’arrivée au poste de police, qui suscite les inquiétudes.
Karine continue : ? Si les policiers ont une commission rogatoire, c’est normal qu’ils rentrent dans l’école. C’est imparable, même la direction du collège ne peut pas s’y opposer. Par contre, ils doivent obligatoirement prévenir les parents. Ce qui ne semble pas avoir été le cas lors de cette interpellation. Je ne conteste pas le fait que l’on punisse le gamin s’il a commis un délit, mais nous sommes dans un Etat de droit et il y a des règles à respecter, même si on constate une augmentation des actes délinquants. ?
Si les parents, le corps enseignant et la police semblent d’accord pour lutter contre toute forme de violence, ils sont en revanche divisés quant aux méthodes utilisées. Ainsi, Cécile : ? La présence policière est nécessaire pour éviter les excès entre les bandes mais nous refusons que la police puisse faire des va-et-vient au sein du collège pour y procéder à des arrestations. ? Les parents partent de cette logique, elle aussi imparable : ? On sait où ?a commence mais on ne sait pas où ?a s’arrête. ?

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